Depuis 1878 à Nancy, la verrerie Daum incarne l’excellence et la créativité dans l’art du verre. À travers les générations de la famille Daum, tradition et innovation se mêlent pour créer des œuvres uniques qui continuent d’inspirer et de rassembler les amateurs d’art et de savoir-faire artisanal.
En 1878, Jean Daum, ancien notaire de 53 ans, se retrouve malgré lui propriétaire d'une verrerie à Nancy après avoir prêté des fonds à deux industriels incapables de le rembourser. C'est le point de départ inattendu d'une grande aventure industrielle et artistique.
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Pour redresser la verrerie, Jean Daum s'appuie d'abord sur Alexandre Marquot pour rationaliser la production, puis sur son fils Auguste, qui entre dans l'entreprise fin 1879. En 1887, c'est Antonin, ingénieur de l'École Centrale, qui le rejoint et insuffle une dimension artistique décisive.
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À la fin du XIXe siècle, Daum oriente clairement sa production vers l'art et multiplie les participations aux grandes expositions internationales. En 1900, l'Exposition Universelle de Paris couronne cette ascension avec le Grand Prix, partagé avec Émile Gallé.
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Au début du XXe siècle, Daum poursuit ses recherches sur les matières et les couleurs, et lance la fabrication de lampes à l'électricité. Une longue et fructueuse collaboration débute avec le maître ébéniste Louis Majorelle.
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La Première Guerre mondiale contraint Daum à éteindre ses fours en 1914. La verrerie se reconvertit pour produire le matériel médical indispensable aux hôpitaux. La famille paie un lourd tribut humain.
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Au lendemain de la guerre, les goûts changent. Là où d'autres cristalleries restèrent figées dans l'Art Nouveau, Daum choisit de tourner la page et d'explorer de nouvelles formes sous l'impulsion de Paul Daum et d'Émile Wirtz.
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En 1934, une commande historique scelle l'orientation de Daum vers le cristal : 90 000 verres sont fabriqués pour le paquebot Normandie, commandés par la Compagnie Générale Transatlantique.
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La guerre plonge à nouveau Daum dans l'adversité. L'usine est mise en veille. Paul Daum, entré dans la Résistance dès 1940, est arrêté par la Gestapo, déporté, et meurt sous les coups de ses bourreaux en février 1944.
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Au lendemain de la guerre, Michel Daum relance la verrerie. C'est l'ère du cristal transparent : vases, coupes, services de table. La "cristallerie Daum" s'impose dans les arts de la table de l'après-guerre.
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Jacques Daum choisit de renouer avec la pâte de verre, qui avait fait la gloire de Daum au tournant du siècle. Il recrute un artiste et un ingénieur pour relever ce double défi technique et créatif. La première collaboration, avec Salvador Dali, est un succès immédiat.
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Malgré le succès des pâtes de verre, la conjoncture économique fragilise Daum comme l'ensemble de la profession. La cristallerie d'Arques capte une large part du marché des services de table. En 1975, Daum s'associe à trois confrères pour mutualiser ses moyens.
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Pierre de Chérisey succède à Jacques Daum et insuffle un nouvel élan en associant cristal et pâte de verre sur un même objet. Une opération de vente spectaculaire depuis la Tour Eiffel en 1983 rapporte 8 millions de francs. En 1986, face aux difficultés du secteur, le capital de Daum est racheté par un investisseur privé.
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Depuis 1986, Daum a connu quatre propriétaires successifs. Depuis 2009, c'est la Financière Saint Germain de Prosper Amouyal qui en assure la gestion, avec la volonté affichée de préserver et de prolonger une histoire qui approche les 150 ans.
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